Paul ANTOINE

Peintre et graveur.
Né à Waltzing (Arlon), le 1er février 1922

Paul Antoine a présenté quelques-unes de ses oeuvres dans l'exposition collective d'ouverture de la Galerie en octobre 2009.

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Mon travail, mon regard, ma conviction.
Ou: Ce que je suis

Je suis peintre. Le peintre peint. Il fait voir. Il crée une image. Image. Icône. C'est dans cette image peinte que réside la spécificité de la peinture: elle peut dévoiler une réalité qui est au delà de ce qu'elle montre. De la peinture, on peut essayer de dire ce qu'elle est, ou peut être, ou doit être. Mais d'une peinture, on ne peut rien dire, elle ne se dit pas par des mots. On la contemple, on ressent ce qu'elle exprime.
Ici, je veux faire une comparaison. La poésie, celle dont la lecture enrichit ma vie, est l'art de donner aux mots un rayonnement qu'ils n'ont pas dans l'usage commun. Ils n'en deviennent pas pour autant abstractions ou vues de l'esprit. Ils sont comme transmutés, ils deviennent de l'or. Les mots de l'image peinte, ce sont les matériaux qui, même s'ils subissent eux aussi une transmutation, restent intégrés dans la réalité des choses.
Dans l'image peinte, le support, la couche picturale et sa texture, les traces de l'outil, pinceau ou autre moyen, les pigments utilisés, sont des signifiants aussi essentiels au contenu de l'œuvre que les formes et les couleurs.
Je pense avoir travaillé dans cet esprit depuis mes débuts, depuis des balbutiements remplis d'éblouissements que j'avais peine à maîtriser. J'ai toujours été très intéressé, très attentif aux techniques et matériaux utilisés.
Durant des années, je me suis servi de vieilles partitions musicales imprimées en lithographie sur du papier fait main. De grandes compositions naissaient, marouflées sur toile. J'ai beaucoup utilisé le lavis rehaussé de crayons de couleur. Depuis quelques années, j'ai repris l'aquarelle et l'huile. Aujourd'hui, à cause d'un deuil récent, les perspectives ont changé, j'éprouve le besoin d'exprimer un contenu autre, une perception de la vie autre.
Mais restent toujours la même question et la même réponse: moi, pourquoi est-ce que je peins? Peut-être parce que j'ai constamment besoin d'une certaine image dont initialement je ne sais rien encore, qui n'existe pas mais que je pressens, et qui finalement sera celle que j'attendais.
Paul Antoine, septembre 2009

 

Bibliographie:

> Dictionnaire des peintres belges du XIVe siècle à nos jours, La renaissance du Livre, Tournai, 1995

> S. Goyens de Heusch (sous la dir.), XXe siècle, l'art en Wallonie, La Renaissance du Livre, Tournai 2001

> S. Goyens de Heusch, Art belge au XXe siècle, Racine, Bruxelles, 2006

> Christine Masschelein, Mémoire de fin d'études, IRHAAB, 2007