Maio WASSENBERG
Ouverture le jeudi de 13h30 à 21h, les vendredi, samedi et dimanche de 13h30 à 19h
Tout en vigueur de racines et de disponibilité à ce qui surgit, les peintures de Maio Wassenberg, pour le paraphraser, "se mettent à la joie d’être accrochées" aux cimaises de la Galerie Albert Dumont.
Les travaux retenus pour cette exposition manifestent l’optimisme au coeur d’une vie menée tambours battants et offerte à bien des vents. Une fois dans l’atelier, Maio Wassenberg se met à l’écoute de la toile et lui accorde toute son attention : absorbe-t-elle ce que le peintre lui impose? N’étouffe-t-elle pas d’une surcharge polluante qui la prive d’une force autonome ? Vit-elle ? C’est qu’elle aussi a besoin de chemins, d’ouverture, de respiration, de temps.
Le dialogue qu’instaure le peintre avec la toile par formes et couleurs interposées est une attitude de vie : résister à tout système y compris le sien propre, privilégier la pratique à la théorie, garantir l’unité et l’intégrité de la démarche quels qu’en aient été les expressions ou détours.
Il en résulte une peinture particulièrement active et vivante qui n’est autre qu’une suite d ‘actes en eux-mêmes c’est-à-dire d’abstraction pure. Celle-ci prolonge une somme de sensations, d’informations, de paysages inexploités en tant que tels mais accueillis comme interpellations et incitations.
Le matériau contextuel engrangé se résumera à une note ou l’autre dans un resto, une ou deux lignes d’un croquis à peine ébauché. L’essentiel s’est logé dans l’espace incontrôlé de l’esprit. Cette trace resurgira au rythme de ce qui mettra le peintre lui-même en mouvement : ainsi et sans savoir pourquoi, constate-t-il qu’il peint plutôt l’hiver. Adolescent n’aimait-il déjà pas dessiner dans la chapelle de son collège à Bree ? Lieu et temps à l’abri du bruit, dans l’incertitude de l’intimité.
Parcours, rencontres, influences
Dans les années 50, Maio Wassenberg poursuit des études de graphisme à Hasselt. Cette formation lui permettra d’apprendre et d’exercer son métier de graphiste pendant une dizaine d’années. A sa grande satisfaction et contrairement au programme, il bénéficie en plus de cours de dessin et de peinture. Il découvre avec grand intérêt Baudelaire, Mallarmé, Prévert, Apollinaire. Trois voyages offerts par la Province du Limbourg aux étudiants des trois dernières années d’études supérieures le mettent en contact avec de grandes expositions : Triennale de Milan ; en Suisse, Le Corbusier, Klee, Léger, Bazaine. Il rencontre à Luzern Servaes et Walter Leblanc ; enfin Hambourg avec Beckman, la collection Henni et l’œuvre graphique de Picasso.
Début des années 60, il s’installe à Bruxelles. Théâtre, cinéma, opéra, danse (Béjart) répondent à son besoin de découvertes qui le conduisent à lire les tragiques grecs et aussi, en allemand, Nietzsche, Kant, Wittgenstein. Parallèlement il exercera comme graphiste en entreprise où il ne se prive pas de dessiner pendant les heures de bureau…
Maio Wassenberg sera ensuite professeur pendant une bonne vingtaine d’années au RHOK à Etterbeek où beaucoup d’artistes internationaux passent. Pendant cette période, il réalisera des actions/happening, des performances autour des stigmates (toile opérée, nuage opéré, table opérée dans vrai contexte d’hôpital). L’élément pictural subsistera néanmoins à l’intérieur de ce travail.
Depuis une bonne quinzaine d’années, Maio Wassenberg est revenu essentiellement à la peinture. Sans rien renier.
