Jacques MULLER

Ouverture le jeudi de 13h30 à 21h, les vendredi, samedi et dimanche de 13h30 à 19h

Albert Dumont présente les peintures de Jacques Muller

L’œuvre de Jacques Muller est indissociable de la vie, celle de ses  proches ou amis, celle de lieux qui par leur énergie ou leur quiétude l’ont ressourcé, celle enfin d’une intériorité, certes de conviction, mais tout autant stimulée par la beauté de la nature et l’empathie avec la réalité humaine. «  Car tout chez Jacques Muller ramène toujours à l’humain. Et j’écrirais même à l’Humain car, même quand l’œuvre trahit une souffrance, une détresse, elle est toujours une jouissance de l’âme ». (Pierre Van)

Le rapport à ce qui est là, donné au regard, ne  peut  définir au risque de figer. Le travail de Jacques Muller par l’accueil  à ce qui surgit,  prolonge  une réalité  considérée comme inachevée et qui s’offre par là-même à un investissement méditatif. Par lignes et interstices, enchevêtrements et  vibrations chromatiques,  l’œil oscille dans un va-et-vient permanent  entre un figuré vivant parce que non cerné et des espaces où l’esprit s’anime. « L’identité ne serait que  l’incarnation provisoire d’une forme dans le mouvement perpétuel de la ligne. Chaque chose en devient une autre. (…) Et tout ceci en même temps. On est devant un changement au présent. » (Ruben Forni)

Les œuvres retenues pour cette exposition  datent pour la plupart des années 80 notamment en relation avec des séjours en  Catalogne et à la mer du Nord. Fort de l’enrichissement des expériences précédentes dans  sa ville de prédilection, New-york, Jacques Muller retrouve ces lieux  à la lumière si particulière. Sans se départir de son écriture, il  traite scènes et paysages dans une atmosphère à l’écart des tensions et de l’agitation urbaines. La simplicité, voire le dépouillement  formel de certaines œuvres sur papier traduisent bien ce  besoin  de vacuité pour l’esprit qu’il cherchait : « J’ai besoin de cette vacuité davantage que de la vue extérieure, je dois aller au-delà de l’espace mouvant perceptible à tout le monde ».


Jean-Pierre Point :
« Une peinture de Jacques Muller est la synthèse de dix, de vingt dessins. Peindre, c’est pour lui dessiner avec plusieurs couleurs, particulièrement dans ces acryliques des années 80 où tous les repentirs sont visibles. Dans tous ces tableaux il y a comme une volonté d’inachèvement, comme un suspens au milieu d’un combat de traits qui s’entrelacent ou se biffent. C’est que la peinture doit continuer à vivre dans la liberté de l’imagination, comme chez certains artistes américains; comme avec les superbes esquisses de Rubens, plus belles à nos yeux que ses grands tableaux si parfaits, car elles nous laissent libres de rêver et de ce fait, paraissent plus vivantes.     
J’ai travaillé avec Jacques Muller. Par un beau jour d’été nous sommes partis à Ostende, lui avec son carnet de croquis, moi avec mon appareil photo. Pour les avoir vécus, je sais toute la profonde sympathie, tout l’amour humain que Jacques pouvait mettre dans un dessin.
Pendant une journée, nous avons peint la foule  bigarrée du littoral belge et nous étions cette foule. Puis nous avons retranscrit en sérigraphie, lui ses dessins et moi mes photos : un petit album est né : “Ostende, le monde qui passe”.
Depuis l’Académie d’Etterbeek, où nous étions collègues, nous avons suivi des chemins parallèles et croisés, sans jamais nous perdre de vue.
La peinture de Jacques Muller appelle une lecture attentive, une lecture qui va au-delà du scintillement des couleurs, au-delà de la virtuosité du dessin. C’est une peinture héritière de Cézanne, du Cubisme et du Futurisme, de Georges Braque et de Picasso, du “Nu descendant un escalier” de Marcel Duchamp.
En dépit de la ritournelle qui nous annonce depuis plus d’un siècle la mort de l’art et celle de la peinture, c’est dans l’histoire jamais achevée de cette peinture que s’inscrit l’œuvre de Jacques Muller, comme d’ailleurs celle de son fils Jean-Pierre. »

Jean-Pierre Point


Quelques repères biographiques et bibliographiques.

Jacques MULLER,  peintre et graveur, 1930 – 1997

1947   Ecole Saint-Luc, Bruxelles
1968   Professeur de Modèle vivant, Académie d’Etterbeek de 1968 à 1983
1971   Membre fondateur de Manus
1976   Membre fondateur d’Artes Bruxellae
1983   Directeur de l’Ecole des Arts d’Ixelles de 1983 à 1991

Principales expositions personnelles

1978   30 ans de peinture, Paul Ide Gallery, Bruxelles
1980   Galerie du Crédit du Nord Belge, Liège
1990   Jacques Muller, peintre, La Maison de la Culyure, Tournai
1990   Jacques Muller, graveur, Centre de la Gravure et de l’Image imprimée, La Louvière
1990   Malerei und Radierungen, La Maison Belge, Cologne
1993   La Ville de Jacques Muller, Musée de Louvain-la-Neuve
1998   Les dernières œuvres, Fondation pour l’Art Belge Contemporain, Bruxelles

Expositions régulières à l’International Art Gallery, Lasne ;  à la galerie ABC, Bruxelles ; à la galerie Ruben Forni, Bruxelles ; chez Albert Dumont, Bruxelles


Ouvrages de référence :
- J. PIGEON, Jacques Muller, Editions libro-sciences, 1978
- Jacques Muller, peintre, Crédit Communal, 1990
- To the street,
Jacques Muller, 2005