François DELFOSSE

Ouverture le jeudi de 13h30 à 21h, les vendredi, samedi et dimanche de 13h30 à 19h

Albert Dumont présente les peintures de François Delfosse

Celui-ci n’hésite pas à affirmer son intérêt pour la peinture des années 30. Son dialogue – celui-ci inclut, quel qu’en soit l’objet et l’autre, une identité – s’exerce auprès d’André Derain, d’Othon Friesz, de Max Beeckman, de Jules Pascin, de Raoul Dufy, notamment. Car il serait illusoire, voire présomptueux, de prétendre échapper à l’histoire et encore moins à la sienne. Les plus grands le  disent tout autant : « On aime être son premier collectionneur, comme si on revisitait les thèmes de la peinture qu’on aime » (Picasso). C’est donc sans crainte et dans un paganisme tout d’allégresse qu'il prolonge, sans intention convenue, la présence de ceux qu’il affectionne.
Mais pour dire quoi ? Certes des histoires, pour qui voudra exploiter les titres : des thèmes mythologiques (Diane endormie, Apollon et Marcyas, Le Faune) ; des scènes de tous les jours (Petit cirque, Café au Havre, Cavalier dans le bois).

Mais l’écriture narrative en peinture ne peut-être que prétexte, sans quoi…Par contre la peinture qui fait œuvre (poieô en grec) s’accommode  donc mieux de la poésie qui est le vrai vecteur de ce que chacun est avec lui-même. Au-delà  de certaines allures expressives, tout le travail de  François Delfosse invite donc aussi et surtout à une douceur intérieure retrouvée, celle qui ne se raconte pas. C’est toute la beauté de ce qui est là devant nous et que le peintre nous donne à voir, autrement (Lac de montagne, Nature morte aux huîtres, Couple alangui).
Pour preuve de la transformation du réel, à l’instar d’ingrédients qui feront la nouvelle  pâte,  François Delfosse ne se réfère ni à des photos, ni à des croquis. L’impression, celle de la lumière, d’une atmosphère, d’une image, est sa mémoire. Aucune définition de ce qui a été vu n’enferme le propos, au bénéfice d’un travail pictural dont la liberté et les qualités formelles auront tôt fait de vous délier de l’anecdote, au profit d’une lecture sans cesse renouvelée.


Alain Lambillotte, 17 mars 2010 :
"La condition humaine n’est pas toujours drôle. François
Delfosse, avec ses personnages pleins de malice et de poésie,
repeint notre monde aux couleurs de ses ombres et de son
imaginaire, sans tabous.
L’énergie du peintre et la beauté du geste le disputent au plaisir de raconter. Chaque acteur du tableau pèse de tout son poids et porte en lui un monde qui nous est familier. Soyez attentifs, il se passe des choses partout ! Un poisson, deux militaires, un zeste de luxure, quelques prostituées. Si vous penchez la tête par la porte entrouverte, vous verrez s’affairer une cuisinière en bas résilles. Tous sont en place, comme dans un inventaire à la Prévert, le spectacle peut commencer.
Transformez-vous en explorateurs de vos propres pensées,
soulevez les tentures des bars, accoudez-vous à la buvette de
la plage, laissez-vous pénétrer par ce joyeux mélange d’impertinence débridée et d’atmosphères littéraires.
François, c’est la rivière nostalgie : elle traverse nos pensées et embarque nos souvenirs, charriant un monde baroque où la
couleur et l’écriture picturale sont aussi là comme moyen
d’expression, nourrissant le tableau d’une vivacité spontanée.
Il s’agit ici du mariage de l’écriture et de la peinture. Les œuvres se nourrissent des mots et la liberté picturale orchestre tout ça. François, le poète qui laisse, le temps de ses rêves, un peu de liberté à ses créatures.

F. L.


Repères biographiques

Etudes
> Académie royale des Beaux-Arts de la Ville de Bruxelles. Diplôme de dessin (grande distinction)
> Académie des arts d’Ixelles, cours du soir. Diplôme de peinture. Fréquentation régulière des ateliers de sérigraphie, lithographie et de gravure.

Enseignement :
Professeur de dessin (modèle vivant) à l’Académie des Beaux-Arts de Saint-Josse-ten-Noode

Principales expositions personnelles :
Raffinerie du Plan K (1989 - 1994)
Galerie Bernard Cats (1995)
Galerie Boycott  (1997 – 2002)
Galerie Pierre Hallet (1998)
Galerie du Centre culturel du Botanique (2000)
Chez Albert Dumont (2006)
Ecole des Arts de Braine-l’Alleud (2007)
Galerie Emmanuel Thinus (2009)